Le EF68B02P (généralement marqué EF68B02P avec le logo de Thomson-EFCIS ou produit par Motorola sous la référence MC68B02P) est un microprocesseur monolithique 8 bits d'époque. Ce composant historique majeur adopte le format d'un boîtier plastique traversant standard DIP40 (40 broches, corps large de 600 mils).
Le préfixe EF (ou SFF) identifie la fabrication sous licence officielle par le fondeur français Thomson-CSF (branche EFCIS), tandis que le marquage MC désigne la version originale de Motorola.
Le EF68B02P est un microprocesseur 8 bits monolithique hautes performances doté d'une horloge interne et de 128 octets de RAM intégrés (8-bit Microprocessor, d'origine Thomson / Motorola, boîtier DIP40).
Directement issu de la célèbre lignée du 6800, le 6802 simplifie considérablement l'architecture des cartes mères de l'époque en regroupant sur une seule puce plusieurs fonctions autrefois séparées :
Générateur d'horloge interne : Contrairement au 6800 d'origine qui exigeait un circuit d'horloge externe biphasé complexe (MC6875), le 6802 intègre son propre oscillateur. Il suffit de lui connecter un quartz externe d'époque (généralement à 4,0 MHz ou 8,0 MHz selon le diviseur interne) pour cadencer l'unité centrale.
RAM statique intégrée (128 octets) : La puce embarque 128 octets de RAM de travail (située aux adresses $0000 à $007F). Les 32 premiers octets (jusqu'à $001F) bénéficient d'un mode de sauvegarde à très basse consommation grâce à une broche d'alimentation de veille dédiée (V_CC Standby, broche 35), permettant de conserver des variables critiques avec une simple pile de sauvegarde lorsque le système est hors tension.
Indice de vitesse "B" (2,0 MHz) : La lettre B dans la référence (68B02) spécifie la sélection de vitesse la plus rapide de sa génération, certifiée pour fonctionner avec une fréquence de bus interne de 2,0 MHz (contre 1,0 MHz pour la version standard et 1,5 MHz pour la version "A").
On retrouve massivement ce processeur historique au cœur des premiers micro-ordinateurs français des années 80 (notamment les Thomson TO7, TO7/70), de nombreux flippers électroniques de collection (marques Williams, Bally), des jeux d'arcade classiques, et des automates industriels de précision. Proposé en qualité New Old Stock (NOS), ce processeur d'origine Thomson/Motorola est la pièce maîtresse indispensable pour restaurer l'unité centrale de vos machines vintage.
Le diagnostic de l'écran noir ou du bus figé (Le test des signaux vitaux de démarrage) : C'est la procédure d'atelier prioritaire sur les Thomson TO7 ou les flippers en panne. Si le processeur refuse de démarrer, n'accusez pas immédiatement la puce et prenez vos mesures au multimètre ou à la sonde logique. Méthode d'atelier :
Alimentation (Broche 8) : Vérifiez la présence d'un +5,0 Volts stable.
Reset (Broche 40) : À la mise sous tension, cette broche doit passer brièvement à 0V puis remonter et rester stable à +5V. Si elle reste collée à 0V, le circuit de Reset externe est défectueux et bloque le processeur.
Halt (Broche 4) : Cette entrée doit être impérativement maintenue au niveau haut (+5V) pour que le CPU exécute ses instructions. Si elle est à la masse, le processeur s'arrête.
Horloge (XTAL / EXTAL, broches 38 et 39) : Utilisez un oscilloscope ou une sonde pour vérifier l'oscillation du quartz.
Signal Enable (E, broche 37) : Le processeur doit délivrer son signal d'horloge système (fréquence du quartz divisée par 4, soit 1,0 MHz ou 2,0 MHz) sur cette broche. Si ce signal de sortie est absent alors que le quartz oscille et que Reset/Halt sont OK, la puce est HS. Remplacez-la par votre exemplaire NOS.
Le piège de la broche RE (RAM Enable, broche 36) : Sur le 6802, la RAM interne de 128 octets peut être désactivée si la broche RE (broche 36) est mise à la masse. Pour que le processeur puisse utiliser sa propre RAM interne, cette broche doit impérativement être connectée au +5V (souvent via une résistance de protection). Si votre schéma d'origine utilise la RAM interne mais que la tension sur la broche 36 s'effondre, le processeur plantera immédiatement au démarrage en tentant d'utiliser la pile de sous-programme (Stack).
Installation obligatoire sur support tulipe DIP40 de précision : Ne soudez jamais un microprocesseur de cette valeur directement sur le circuit imprimé d'origine. Les pistes des cartes d'époque (notamment sur Thomson TO7) sont fragiles et se décollent très facilement sous l'effet de la chaleur. Installez un support tulipe DIP40 large à contacts dorés. Brasez le support vide à l'étain propre (température du fer réglée à 310 degrés Celsius maximum), nettoyez soigneusement les résidus de flux conducteurs à l'alcool isopropylique, puis insérez délicatement le EF68B02P à froid après vous être déchargé de toute électricité statique pour protéger ses entrées sensibles.